Sur la carte IGN 2509 Ouest Nesle au 1 / 25 000e (1987 édition 3) les toponymes qui rappellent l’existence de mégalithes sont nombreux et remarquablement disséminés.

10 "Borne", 1 "Leu", 3 "Loup", 1 "Renard", 2 "Chat", 1 "Caille", 1 "Clou", soit 19 témoins qui viennent probablement de l’époque préceltique et de l’époque gauloise. Deux couples de noms sont très proches et pourraient avoir été associés au même monument : "Sole des Loups" et "Prés des Champs de Loups" entre Libermont et Esmery-Hallon, ainsi que le "Riez aux Loups" et "la Borne à Moutons" entre Y et Croix Moligneaux.

17 localisations donc qui se répartissent sur les 260km² de la carte. La densité des mégalithes enregistrés dans la mémoire collective est de 1 pour 16,25km².

En maillant les toponymes de proche en proche par des segments qui ne se recoupent pas, la distance moyenne des 37 espacements mesurés est de 4,3km, avec un écart type de 1,5km [pour autant que la distribution de l’échantillon soit normale].

Faut-il alors voir dans ces mégalithes des jalons rythmant la marche humaine d’heure en heure et donnant les directions à ceux qui savaient les reconnaître ? Sont-ils à l’origine de la lieue ? Au-delà des cultes, a-t-on affaire aux ancêtres des bornes kilométriques ?

Pour aller plus loin dans cette idée, il faudrait explorer les autres cartes, les données enregistrées sur le cadastre, observer ce qui se passe dans des zones plus tourmentées que la Picardie, partir en quête des vestiges...

Illustration_du_maillage

A retrouver sur Internet : Jean Michel Hermans, Toponymes liés aux mégalithes en région parisienne.

N.B. D’autres monuments pourraient aussi avoir un rôle particulier comme les tombes dont on retrouve les toponymes suivants sur la même carte : 4 "la Tombelle", 1 "le Tomblet", 1 "contre la Tombelle", 1 "la Pâture de la Tombelle", 1 "Sole de l’Arbre de Tombeau de Roboam", 1 "Sole du Tombeau de Roboam".